C’est quoi, ton film préféré ?

Qu’est-ce qu’elle peut m’embêter, cette question. Je n’en ai pas, de films préférés. J’adore le cinéma, ça me divertit, mais des préférences, je n’en ai pas. Du plus loin que je me souvienne, aucun film en particulier n’a pu se distinguer des autres.

Ouais, je sais, ça fait pitié, mon affaire.

Sauf qu’on pourrait me demander autre chose, on pourrait… tiens, me demander quel est mon livre préféré. Il me semble que ça serait tellement plus facile, pour moi, de répondre à ça. Avant que tout le monde ne se mette à penser que je suis une intellectuelle finie qui ne peut que trouver l’épanouissement dans le papier et les reliures, je vous rassure là-dessus, ce n’est pas le cas. C’est juste que j’ai une imagination si fertile, qu’un film ne suffit pas. Les images, c’est dans ma tête, que je les crée.

Pas intellectuelle, juste rêveuse, mettons.

Il y a de ces livres qui vous marquent à vie, qui continuent de vous hanter, même plusieurs semaines après avoir tourné la dernière page. C’est le cas d’Hypérion, série de science-fiction, par Dan Simmons.

Silenus, le poète grognon, cynique, toujours là pour péter la balloune des autres, qui malgré ses airs de frais-chier, a quand même du coeur. Ah, lui… Lui qui m’avait semblé si réel. Je dois avouer qu’il me manque. Lamia, Raul, Énée et les autres… Je suis présentement en train de lire la série Mars, de Kim Stanley Robinson, et je ne peux m’empêcher de penser au Colonel Kassad, lorsqu’on y mentionne Tharsis, ou encore Olympus Mons.

N’oublions pas la quantité phénoménale de mondes différents, inventés juste pour nous faire rêver qu’un jour, peut-être, nous serons rendus à un point où nous aurons exploré et terraformé une partie de notre vaste galaxie.

Fermer le dernier tome de cette aventure spatiale a été, pour moi, comme faire le deuil d’un paquet de copains. (Elle est folle, cette fille, z’allez dire, mais c’est vrai, quand même.)

Dans le plus réaliste, La Guerre et la Paix, de Tolstoï, a aussi été un ouvrage laissant une impression de vide après en avoir lu les dernières lignes. Certaines personnes pleurent en écoutant des films. Dans mon cas, c’est la littérature qui s’en occupe. Je ne m’en vante pas trop, mais j’ai pleuré la mort du Prince André. Comme un madeleine. J’vous jure.

Vaina i Mir.

Le désir de servir son pays, la fierté d’être Russe, l’amour porté à un empereur. La déception de ne pas combattre face à l’excitation provoquée par les canons assourdissants et le chaos d’une bataille. Les déchirements familiaux, les mariages de raison, les sentiments éparpillés, la mort, le deuil… L’histoire et la philosophie.

Et le dernier. Le Pavillon des cancéreux, de Soljénitsyne. Il ne s’agit pas d’un livre sur la mort, ni d’un livre portant sur la guérison miraculeuse d’un malade. Non. On y parle de l’acharnement thérapeutique, du traitement à l’aveuglette, du pouvoir de décision sur son propre corps et des rayons. On y parle aussi du désir de vivre “libre”, en Union Soviétique. (Notez les guillemets. Ils ne sont pas là pour rien.)

Oleg Kostoglotov, lui, n’a jamais été un homme libre. Son rêve, ce n’est pas de guérir, mais bien de rallonger un peu le temps qu’il lui reste, pour goûter un semblant de liberté qu’il n’a jamais eu avant. Peu importe si les médecins ne réussissent qu’à lui donner un an ou deux. Au moins, il aura vécu ce sursis ailleurs que dans les camps de travail.

On ne sait pas ce qu’il advient d’Oleg, au bout du compte. Mais on peut tenter de l’imaginer.

Et… c’est tout. J’ai quand même du me limiter à trois ouvrages, choisis avec soin, parmi le nombre trop élevé de livres que j’ai lus jusqu’à maintenant. Ce sont ces trois histoires, qui continuent de me hanter, même durant les heures passées à en lire d’autres, pour les oublier un peu, sans jamais vraiment réussir.

Et vous, quels ouvrages vous ont fait cet effet ? Pourquoi ? J’ai envie de savoir.

J’ai mal à mon univers

Avec la fin du programme de la navette spatiale, vient aussi une certaine tristesse. En tout cas, pour moi. Pendant 30 ans, la NASA a fait décoller un véhicule réutilisable, pouvant transporter plus de charge utile qu’un cargo Progress russe ou un cargo européen, une véritable merveille d’ingénierie.

Je veux simplement préciser que ce billet n’est pas pour dresser un portrait des 30 dernières années de vol orbital, ni de spéculer sur son futur. Quelqu’un le fera bien mieux que moi dans les semaines qui suivent, je vous tiendrai même au courant. Non. Ce billet, c’est pour évacuer ma frustration et mettre par écrit mes questions face au fait suivant : Il n’y a pas vraiment de programme précis pour la suite des choses, pour assurer la transition. (Voir cet article du New York Times, si vous voulez pleurer de désespoir)

La vérité, c’est que l’exploration spatiale n’a jamais vraiment été, après la fin de la Guerre Froide, une priorité. Même durant celle-ci, c’était seulement pour déterminer qui, de la Russie ou des États-Unis, allait conquérir l’espace. C’était littéralement une question de savoir qui était le plus hot, qui des deux, en comparant, avait le plus gros phallus, quoi. Et puis après, ça a changé. De moins en moins d’argent, de moins en moins de personnel. Bien-sûr, on a lancé des sondes et mis Hubble en orbite, ce sont de grands accomplissements, mais moi, je parle de la présence de l’Homme avec un grand H, dans l’espace. Oui, la Station Spatiale Internationale est l’aboutissement d’un projet grandiose, mais… maintenant que l’ère de la navette tire à sa fin, on fait quoi ? Du vol orbital ? Ça fait 30 ans, qu’on fait ça. On retourne sur la lune ? Oups ! Le programme Constellation a été annulé, j’avais oublié. On va sur Mars ? Hmmm à part la simulation Mars500, en Russie, j’ai pas vu grand monde de la NASA se pencher là-dessus… Faut pas se leurrer, on va pédaler dans le beurre longtemps, j’en ai l’impression. Parce que ce n’est tout simplement pas une priorité.

Mais ça devrait l’être !

L’Homme, depuis le début, explore. Ce qui fait vivre les humains, c’est la curiosité. L’exploration et les découvertes, voilà ce qui a fait que nous avons toujours tenté d’aller plus loin. L’Homme de cromagnon, lui, a exploré son entourage, joué un peu au nomade, à faire du camping et à chasser le mammouth un peu partout. Christophe Colomb, lui, cherchait une nouvelle route pour l’Inde. Il ne l’a pas trouvé, mais il trouvé un sacré beau p’tit lopin de terre, qu’on appellera plus tard les Amériques. Gagarine, lui, a vu ce qu’aucun n’a vu auparavant, la Terre vue de l’espace, parce que quelqu’un d’assez ambitieux a décidé que sky wasn’t the limit anymore. Armstrong a marché sur la Lune. Nous avons un poste orbital avec 6 membres d’équipage permanent, qui sert à la recherche scientifique et médicale. Si c’est pas beau, ça, je me demande c’est quoi.

Sauf que maintenant, on explore quoi ? On envoie nos sondes où ? On garroche nos astronautes dans l,espace, ou on les fait pourrir dans un sous-sol à faire de la paperasse pour la NASA ? Mais non. On reste dans notre cottage, en banlieue, en train d’écouter Deal or No Deal, en ne se demandant même pas ce qu’il y aurait bien à explorer. Où est cette curiosité qui caractérise si bien l’Humanité ? Partie ?

On doit savoir où on s’en va, pour pouvoir tenter de comprendre d’où on vient. Et là, on ne sait pas où l’on s’en va. On est dans le vide.

On comprend encore très peu l’univers dans lequel nous évoluons. On émet des hypothèses, oui, mais à quoi ça sert d’hypothéser (Nouveau verbe, les copains), si on ne cherche pas pour vrai ? Notre univers, c’est quelque chose de merveilleux. Quelque chose de beau et de violent à la fois. C’est un univers hostile, mais aussi plein de vie. La preuve ? Notre planète. Et aussi probablement plusieurs autres non découvertes.

Qu’est-ce qu’on attend ? Le Messie, ça a l’air.

Constatations rigolotes. Ou pas.

J’écris ça, assise dans mon lit, vers 9 heures, un dimanche matin. Avec le chat qui me tourne autour parce que j’ai pas encore daigné lui donner ses trois quarts de tasse quotidiens, qu’il engloutit habituellement en moins de 30 minutes. Enfin, peu importe, j’ai envie d’écrire des constatations, pas un billet sur mon chat. Je vous l’ai déjà fait, celle-là.

Oui, bon, constatation première : Ça fait un sacré bout de temps que je ne suis pas venue écrire un peu ici. Pure négligence de ma part. Mais j’ai tellement une bonne raison, que j’ai la certitude que je vais pouvoir me faire pardonner.

Deuxième affaire, en lien direct avec la première : Des fois, on accepte une invitation, qui est suivie par d’autres, et qui fait que finalement, y’a un jeune homme qui prend pas mal de mon temps. Vous savez, entre passer du temps avec mon blogue ou passer du temps avec le mec, la décision est souvent trop facile. Hint ? J’préfère les être humains aux carnets électroniques.

Troisième truc, qui n’a aucun rapport avec les deux premiers… Quand tes quadriceps grossissent trop vite, ça fait des tendons trop tendus, qui font mal. Je dois me tenir tranquille pour un petit bout de temps. Mon vélo pleure, dans son coin.

Quatrième truc, Dame Nature semble avoir le meilleur timing ever, ces temps-ci. Je dois me tenir tranquille ? BAM ! Quatre jours de pluie. Ça me fait moins mal au coeur de ne pas sortir bouger un peu. En attendant, je fais comme si j’étais une couch potato de la pire espèce, sans remords aucun.

Une autre chose chouette : Il paraît que manger quand on a faim et ne pas manger quand on n’a pas faim, c’est complètement naturel. C’est drôle, quand je mets ce principe-là en pratique, je fonds et le chiffre sur l’étiquette de mes pantalons diminue.

J’ai aussi remarqué que je dévore les livres à la vitesse Mach 2. Je n’en ai jamais, je dis bien JAMAIS assez. Ma soif de mots n’est jamais apaisée. Sauf que c’est à ça que ça sert, les bouquineries. Non seulement les livres qui s’y trouvent ont déjà du vécu, mais ils s’y vendent à des prix ridicules. MOAR livres pour le prix, donc. Ça, c’est swell.

J’ai donc plusieurs livres en attente d’être lus, en plus de ceux qu’un certain monsieur me prête. J’ai pas fini de lire. La vie complote dans mon dos. Pourquoi y a-t-il tant de bons livres ? (Il y en a aussi de mauvais, mais il y en a énormément de bons.)

Dernière constatation : Y’a rien de pire qu’écrire le ventre vide.

Adieu, j’vais manger.

Envoye, pédale !

Quand le bureau déménage à 10 minutes en voiture de chez moi, je prends des décisions suicidaires, comme celle de prendre mon vélo et de pédaler 40 minutes matin et soir pour m’y rendre.

Question de vous mettre en contexte, ça doit bien faire 5 ans que je n’ai pas fait de vélo, en plus d’être ZÉRO en forme. Je suis aussi ce qu’on pourrait qualifier de “p’tite nature” : J’ai toujours froid ou mal en quelque part, je ne sors pas mon vélo quand il pleut et j’ai tendance à dire tous les jurons de la terre quand je fais un quelconque effort physique, parce que mes muscles chauffent.

Ça va être beau, tout ça, z’allez me dire.

Minute, c’est pas si mal. Samedi, j’ai fait le trajet aller-retour, pour savoir si j’allais être capable de me rendre sans mourir à mi-chemin. J’ai réussi, au prix d’un effort surhumain et, bien entendu, de beaucoup de jurons. J’ai eu mal aux fesses. En fait, TRÈS mal aux fesses. Au point de ne plus pouvoir m’asseoir. Vous auriez dû me voir la démarche. Par contre, ça ne m’a pas empêchée d’enfourcher mon vélo encore quelques fois pour me rendre au boulot, depuis mardi matin.

Même en 3 jours, j’ai appris un paquet d’affaires utiles :

  • Un cuissard peut vraiment être mon meilleur ami, même s’il n’a pas d’âme et qu’il n’est qu’un objet. (Cuissard de mon coeur, mes fesses t’envoient beaucoup d’amour, en passant…)
  • Des leg warmers peuvent facilement réchauffer les jambes ET empêcher les pantalons de rester pris dans les pignons ou la chaîne. Deux en un ? J’aime ça comme ça.
  • J’ai frôlé la mort pas mal plus souvent en trois jours de vélo, que dans toute ma vie de piéton. DUDE ! Ce n’est pas parce que je n’ai que deux roues que tu peux me passer dessus ! Si j’étais une voiture, tu attendrais, alors prends ton mal en patience.
  • Apporter une collation de plus ne peut pas nuire. J’ai littéralement crevé de faim, la première journée, car je n’avais pas considéré l’effort physique supplémentaire. S’auto-digérer pendant une journée complète, c’est pas cool, les p’tits z’amis.
  • Une pente descendante avec le vent dans le dos, c’est le paradis, l’inverse, c’est un living hell.
  • Des sacoches de vélo sont un must, un sac à dos c’est de la merde. Sauf que quand celles que tu veux sont en back order/sold out/discontinuées, faut prendre les autres qui sont plus chères. Ça fait un léger trou dans le budget. Mais un poids de moins sur le dos. C’est pas mal win comme situation, quand même.

Bon, vous allez me dire que c’est pas mal évident, Hello-Captain-Obvious-style, mais pour moi, ces découvertes ont été plutôt enrichissantes, bien que parfois douloureuses. Je me suis couchée pas mal moins niaiseuse à chaque soir depuis samedi. En attendant, j’ai un pneu crevé, alors je me déplace en voiture. On espère pouvoir régler ça ce soir. 

1/4 fois centenaire.

Des amis, de la bouffe, du vin (trop de…) et des fous rires. J’ai fêté, hier, mon 25 ème anniversaire.

Je suis 1/4 fois centenaire. Bon dieu que ça fait drôle d’y penser. Pas que je n’ai pas envie de vieillir, au contraire. Je suis fière de ce que je suis devenue, de l’expérience acquise. Ce qui fait drôle, c’est de m’être rendue jusqu’ici et que ce soit mille fois mieux que ce que je m’étais imaginé. C’est de voir mes rêves se réaliser un par un, parce que j’ai finalement voulu me donner une chance de vivre.

Ma grand-mère a toujours refusé de vieillir. Pas moi. J’ai beau pester contre les cheveux blancs (J’en ai trouvé 3 juste cette semaine, que j’ai sauvagement arrachés), ça ne veut en aucun cas dire que la mort de mes cellules et leur renouvellement un peu moins rapide me contrarie. J’aime pouvoir dire que j’en sais un peu plus qu’il y a dix ans. J’aime voir que je ne referai plus les mêmes erreurs. C’est comme un package deal. L’expérience vient avec les cheveux blancs. On n’a pas le choix, on passe tous par là, alors aussi bien s’en accommoder.

Hier, Simon m’a dit qu’il paierait une messe pour la mort de ma jeunesse. J’ai bien ri. J’en connais qui auraient pleuré, parce que ça signifie qu’ils vieillissent. Si c’est ce que le deux et le cinq côte-à-côte signifie pour vous, soit. C’est une bien triste manière de voir les choses. Vivez donc, à la place. C’est plus amusant.

J’ai toujours voulu savoir…

J’ai toujours voulu savoir c’était quoi,être heureux. J’ai toujours voulu savoir comment on arrivait à être heureux, dans la vie. Maintenant que j’ai les deux pieds dans une grosse flaque de bonheur, je sais.

Je suis retournée sur les bancs d’école, je me suis botté les fesses et maintenant, je réalise la chance que j’ai de pouvoir étudier. Ma situation financière n’est pas facile, mais j’ai de l’aide. Et ça, c’est vraiment de la chance. Parce que sans cette aide, j’en serais encore à rêver que peut-être, un jour… Mais je n’en suis plus aux peut-êtres, je suis carrément en train de réaliser mon rêve le plus cher, et ce, grâce à mes parents qui croient que je serai capable d’enfin obtenir mon bac.

J’ai des amis merveilleux qui me soutiennent et croient en moi. Ils sont là lors des high, mais ils sont là aussi quand ça va mal. Je sais que je peux compter sur eux autant qu’ils peuvent compter sur moi. J’ai vu à quel point ceux-ci tenaient à moi durant les derniers mois, et je suis encore émue, juste à y penser. Je sais que certains d’entre eux lisent mon blogue, alors je tiens à vous dire merci. Merci aux deux Simon, vous me faite rire et sourire. Merci à Éric mon presque-frère et Fédérique, sa femme, vous êtes mes anges-gardiens. Merci à April pour son écoute légendaire et pour avoir tout simplement été là quand j’en ai eu besoin. Merci aussi à tous ceux qui m’ont exprimé leur support et leurs encouragement durant les derniers mois. (Vous vous reconnaîtrez !) Sans vous, je n’aurais pas pu avancer. ???????.

On se croirait aux Academy Awards, à me voir remercier l’un et l’autre, mais ces gens sont un ingrédient essentiel à MON bonheur.

J’ai compris c’était quoi, le bonheur lundi, en fait. Pour moi, le bonheur, c’est sentir que j’avance, que j’accomplis quelque chose. Je suis extrêmement fatiguée, mais fière de moi. J’étais étendue sur mon lit, molle, avec un sourire niais étampé au visage. Mon chat ronronnait, sur mon ventre. J’étais bien. J’étais heureuse.

Et c’était pratiquement indescriptible, comme sentiment.

Vous l’avez déjà vécu, ça ?

J’suis perdue, en quelque part.

C’est entre les cours et le boulot, que je vois à quel point ma vie a changé, en 5 ans. Avant, je sortais tout le temps. Avant, aucune sortie dans un contexte social ne m’effrayait. Emmenez-en, des foules ! Je m’en foutais. J’aimais ça. Chez nous, c’était juste un lit pour faire un court dodo avant de recommencer la course le lendemain.

Maintenant, chez moi, c’est mon repère tranquille. Je suis devenue une ermite. Mon ex était un anti-social qui se plaignait de ma sociabilité. Il aimait aussi beaucoup m’humilier devant les gens. Alors tant qu’à se faire dire des platitudes devant les autres, j’ai commencé à m’enfermer.

Ça a duré 5 ans. CINQ ANS.

Cing ans de trop, si vous voulez mon avis. Mon ras-le-bol n’est pas venu assez vite, faut croire, mais c’est arrivé. Sauf que lorsqu’on sort quelqu’un de notre vie, tout ne s’efface pas. J’ai continué à m’enfermer. Et c’est lorsque je me suis trouvée dans un contexte social pour la première fois depuis… des lustres, que j’ai pris conscience de ce qui m’était arrivé. Je suis en quelque sorte devenue l’ombre de ce que j’étais. Je ne me sentais pas à ma place, maladroite et surtout incroyablement gênée. J’ai fini par passer la soirée dans mon coin, j’ai parlé à peut-être 3 personnes en tout et je me suis poussée. J’étais terrorisée.

Quelqu’un avait réussi à implanter l’idée d’avoir honte de ce que j’étais dans ma tête. Et même hors de ma vie, il avait réussi à garder son emprise sur moi. Wow. Mais quelle folle j’ai été.

Depuis, j’ai recommencé à avoir un semblant de vie, à me sentir moins déconnectée, moins folle. J’ai encore un paquet de peurs insensées, j’ai aussi encore des envies de me défiler à la dernière minute avec une excuse bidon. Sauf que y’a aussi une autre chose que je possède : Une maudite tête de cochon. C’est ce qui m’empêche de retourner broyer du noir, toute seule avec mon chat devant la télé et un bol de céréales en guise de souper. Thanks goodness.

J’étais loin de penser qu’écrire les lignes qui précèdent puisse être aussi rough. Mais ça l’était.

Était-ce vraiment nécessaire ?

Oui, je vous pose la question. Comme à chaque fois qu’un événement du genre arrive, on voit des images dont on pourrait se passer, des descriptions, qui, for the sake of information, sont un peu (beaucoup !) trop graphiques…

J’en ai eu mal au coeur, hier, après avoir visionné la vidéo qui a été prise peu après l’attentat à Moscou. Avait-on vraiment besoin de voir les corps ? En quoi ces images étaient-elles nécessaires ? J’ai peut-être le coeur trop sensible, le fait que ça se soit passé en Russie m’affecte peut-être un peu trop… Mais je suis furax. J’avais quand même pas envie de voir des morts empilés sur le sol d’un aéroport. C’était un peu trop pour mon pauvre petit coeur de poulet. Rendu là, j’avais juste envie de hurler.

Où est la limite ? Est-ce qu’on pense aux familles des victimes, là-dedans ?

L’erreur que j’ai failli faire.

Le 10 janvier, j’ai failli commettre la pire erreur de ma vie : Ne pas me présenter à mon cours de russe, prendre mes jambes à mon cou et rester au même point toute ma vie.

Je ne l’ai pas fait.

J’ai pris mon courage à deux mains et je suis entrée dans la classe. Je crois que sur la quarantaine d’élèves, nous n’étions que deux qui ne sortaient pas tout juste du Cégep. Je me sentais un peu, euh, comment dire… matante. J’avais aussi très peur. Peur, parce que ma capacité à me concentrer pour une longue période de temps est très limitée. Peur, parce que ça ne faisait pas loin de 5 ans, que je n’avais pas mis les pieds dans une classe. Peur, parce que ça faisait près de 8 ans, que je n’avais pas étudié en français.

Ça en faisait, des peurs. Absolument irrationnelles, mais des peurs, tout de même.

C’est à mon deuxième cours, que j’ai su que j’étais au bon endroit. La concentration, ça ira. J’aime ce que j’apprend, c’est donc plus facile pour moi d’être attentive en classe. La prise de notes, ça va aussi. Le seul truc est que trop souvent, si j’ai une question, je peine à la formuler en français. Mais ça aussi, ça devrait se replacer.

J’ai réalisé à quel point j’avais de la chance, et surtout, à quel point prendre cette décision fut la meilleure chose que j’ai faite cette année. J’ai envie d’avancer, de comprendre encore plus la langue russe, de l’écrire, de la lire. Chaque fois que je comprends quelque chose de nouveau, j’ai une espèce de high difficile à décrire. C’est… de l’excitation, mêlée à de la fierté, je crois. Il me semble que ça fait longtemps que je n’ai pas été fière de moi à ce point. Je regarde où j’en suis et je me dis que ça ne pourrait pas être mieux.

Durant les deux dernières semaines, je me suis prouvée que je n’étais ni chicken, ni incapable et que parfois, faut sortir de sa zone de confort pour être réellement heureuse. Quand je regarde la vie que je mène, je me dis que j’aime ce que je vois. Malgré la fatigue, malgré les heures cruelles au bureau, malgré tout, en fait.

Onze heures onze.

When 11:11 strikes, I’ll make a wish.

With all my heart and soul, I’ll think about all my friends. They are all so different from one another, but yet, I love them all the same. They come from different backgrounds, some have already started building their family, some are still in school, all have their own set of beliefs, and that’s what makes them interesting. From as far as I can remember, I always have been wanting to know the human being hidden under the thick crust formed by all the social norms and tags. You’ll probably say that, in theory, everybody does, but in practice, it is completely different. Some will not hang out with someone because of their gender, their sexual preferences, the color of their skin or their religion. But in this case, mostly religion.

I happen to be a Christian. I also happen to be very lucky to have friends who love and respect me as much as I do, even if they have beliefs that are not even close to mine. Some are atheists, some are buddhists, some are mormons, some are muslims, some are catholics… And all those different beliefs influence their values or the way they live their life. But it doesn’t define WHO they are. A religious tag does not make someone less worthy of my friendship, my love and my respect. It doesn’t make them any less brighter, or fun, or handsome, because they chose a different spiritual path.

Some of those friends aren’t as lucky as I am. They might not get laughed at openly, but I had to face a situation, last week, where I had to deal with something someone said about my best friend’s beliefs. As if she was an alien. And it made me sad. Because she is so much more than her beliefs. And she deserves a chance to show how amazing, and fun and bright she is.

It eventually turned out ok, but I’m still thinking about it.

That same night, I was talking to a friend on the phone, and told him what happened. I also told him how I felt about it, and how unfair it is to push a human being aside just because of what they believe in, and that I make sure to never do that to anyone. And he said… “I know, otherwise, you wouldn’t be talking to me.” Yes, I know, I wouldn’t be. But I’m glad I am.

So when 11:11 strikes, I’ll make a wish. So that people stop rejecting others because of their religion. I’ll close my eyes, and wish really hard, for it.